Le mot de la présidente
Arcus Caeli, l’orchestre de Meyrin, a
le plaisir de donner un concert à Versoix. Cette formation, qui a fêté cette
année son 35ème anniversaire, est constituée d’instrumentistes
amateurs de bon niveau et de musicien.ne.s professionnel.le.s. Sous la
direction de son chef, Pierre Tréfeil, l’orchestre donne deux concerts par
année, l’un à Forum Meyrin, l’autre à Genève et ses environs.
Le concert de ce soir met en évidence
le thème de la nature. Cette dernière est un sujet majeur pour les
artistes ; et si la poésie comme la peinture s’en sont largement emparées,
la musique n’est pas en reste. Il n’est pas très difficile, en effet, de
trouver des œuvres musicales qui l’évoquent. Les « Quatre Saisons »
de Vivaldi, un incontournable de la musique classique, en sont un excellent
exemple. La nature est donc inspirante et nombre de musiciens ont composé
avec le souhait d’évoquer sa diversité : le chant des oiseaux, la fureur
du tonnerre, le rythme des vagues, le murmure des arbres ou le chantonnement
d’une rivière.
Des extraits de deux symphonies seront
interprétés ce soir. On ne présente plus la 6ème Symphonie de
Beethoven (1770-1827), dite la Pastorale, donnée pour la première fois
en public, à Vienne en 1808. Son premier mouvement Allegro ma non troppo,
Eveil d’impressions joyeuses en arrivant à la campagne entraîne l’auditoire
dans une pure beauté poétique où les sensations de calme et de sérénité
dominent. Dans une lettre de 1810, adressée à Theresa Malfatti, Beethoven
écrit : « Personne ne saurait aimer la campagne comme moi. Les
forêts, les arbres, les rochers nous rendent l’écho désiré. »
La 3ème Symphonie de Louis Glass
(1864-1936) est beaucoup moins connue, hors des frontières du Danemark, pays
natal de ce compositeur post-romantique. Appelée Symphonie de la Forêt,
elle est créée à Copenhague en 1902, sous la direction de son
compositeur. Elle demeure son œuvre la plus célèbre et évoque, selon ses
souhaits, les humeurs changeantes de l’esprit humain, la solitude et le désir
de bonheur. Le destin peut être contraire mais la forêt dans toute sa diversité
sait offrir à l’âme qui l’écoute vraiment un espace de sérénité. La Symphonie
de la Forêt est dédiée à Edvard Grieg, le grand compositeur norvégien dont
il est question maintenant.
Edvard Grieg (1843-1907) compose en
1874 la musique de Peer Gynt, une pièce de théâtre de son compatriote,
le dramaturge Henrik Ibsen. Grieg en donne aussi une version orchestrale, sous
forme de deux suites. La première d’entre elles est au programme de ce soir. On
y retrouve le motif de la nature à travers le voyage initiatique d’un jeune
personnage qui découvre le monde. Le premier mouvement, Au matin, décrit
magnifiquement un paisible lever du jour dans un paysage typiquement
scandinave.
Le concert de ce soir fait aussi la
part belle à la valse, cette danse sensuelle du XIXe siècle qui passe d’abord
pour indécente car elle permet au couple de danseurs de se rapprocher l’un de
l’autre. De Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), nous entendrons La Valse
des Fleurs, tirée du ballet Casse-Noisette (1892). Dans cette pièce,
des fleurs dansent gracieusement et incarnent la joie de l’enfance, associée à
l’élégance et à la beauté de la nature. Enfin, Le beau Danube bleu,
valse iconique de Johann Strauss fils (1825-1899), met en scène la majesté du
grand fleuve et l’ambiance tourbillonnante de Vienne, alors capitale de
l’empire autrichien.
C’est avec enthousiasme que
l’orchestre Arcus Caeli, sous la direction de Pierre Tréfeil, s’empare de ces
partitions exigeantes. Elles exaltent une nature majestueuse ou joyeuse,
paisible ou inquiétante. Une vraie Ode à la Nature !
Marie-France Purro
Présidente d’Arcus Caeli, orchestre de
Meyrin